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Rapport annuel 2000

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Génétique de la maladie d'Alzheimer
Des médecins du CHUV, en collaboration avec un groupe de l'Institut Pasteur de Lille, ont découvert que la protéine appelée apo(a) jouait un rôle dans la survenue de la maladie d'Alzheimer. Leur découverte a été publiée dans la revue Annals of Internal Medicine, le journal de la Société américaine de médecine interne.

L'apo(a) fait partie des apolipoprotéines, les protéines qui sont chargées du transport des graisses (les lipides) dans le sang. Et elle partage un certain nombre de caractéristiques avec une autre apolipoprotéine, l'apoE4. Or, les personnes qui sont porteuses d'apoE4 représentent environ 15% à 20% de la population et présentent un risque accru d'être victimes de la maladie d'Alzheimer.

Sur la base des similitudes entre apo(a) et apoE, le groupe du professeur Vincent Mooser, au CHUV - spécialiste de la génétique des maladies cardiovasculaires et de l'apo(a) - et le groupe du Professeur Philippe Amouyel, de l'Institut Pasteur de Lille, - spécialiste de la génétique de la maladie d'Alzheimer et de l'apoE -, ont émis l'hypothèse que l'apo(a) était impliquée, elle aussi, dans la survenue de la maladie d'Alzheimer. Les résultats de leur étude ont établi que c'était bien le cas.

Nouveau gène du diabète identifié
Un nouveau gène impliqué dans la survenue du diabète, l'une des maladies les plus répandues à travers le monde, a été identifié par l'équipe du professeur Gérard Waeber, du Département de médecine interne. Les résultats de cette recherche, menée en collaboration avec une équipe française du Département de génétique humaine et l'Institut Pasteur de Lille, ont été publiés dans la revue Nature Genetics.

Gérard Waeber et ses collaborateurs ont identifié un nouveau gène impliqué dans le contrôle de la fonction de la cellule pancréatique. Baptisé "Islet-Brain 1" (car son expression maximale se situe dans le cerveau et le pancréas), il a été localisé sur le chromosome 11 du génome humain. En présence d'un gène Islet-Brain 1 muté, la cellule qui produit de l'insuline ne se comporte pas normalement et meurt plus facilement qu'une cellule non mutée. De plus, cette mutation est responsable d'une diminution de synthèse de l'insuline.

Molécule impliquée dans le choc septique
Des travaux effectués par l'équipe du Dr Thierry Calandra, à la Division des maladies infectieuses du CHUV, en collaboration avec une équipe de chercheurs de Regensburg, en Allemagne, ont mis en évidence le rôle important joué par une molécule du système immunitaire lors de choc septique (infection généralisée).

Baptisée "MIF1" et produite abondamment en cas de choc septique, cette molécule amplifie la réaction inflammatoire déclenchée par l'infection et contribue ainsi à la défaillance de multiples organes aboutissant fréquemment au décès du malade. Le résultat de ces recherches a été publié par Nature Medicine. Ces travaux permettent d'espérer la mise au point d'un nouveau traitement contre le choc septique.

¹ abréviation anglaise signifiant facteur d'inhibition de la migration des macrophages.

Nouveau procédé d'ingénierie tissulaire
Plusieurs laboratoires et instituts du CHUV, de l'EPFL et de l'Université de Lausanne ont uni leurs compétences pour mettre au point un procédé d'ingénierie tissulaire qui représente une alternative potentielle aux transplantations d'organes.

"Le premier pas de ces recherches a consisté à reproduire in vitro la muqueuse de la vessie, la couche imperméable à l'urine qui tapisse l'intérieur de la vessie", explique Peter Frey, directeur de recherche au Service de chirurgie pédiatrique du CHUV. Les premiers tests cliniques pourraient d'ailleurs être appliqués à l'urètre et à la vessie.

Le procédé complet mis au point s'apparente à celui qui est utilisé pour les grands brûlés. On prélève un fragment de tissu sur une partie saine de l'organe qui doit être régénéré. On développe ensuite ces cellules en laboratoire sur un support particulier, avant de recoudre ce tissu en lieu et place de l'organe malade. Une fois que les cellules saines se sont développées sur toute la surface du support, celui-ci se biodégrade sans laisser de trace.

Thérapie génique de la maladie de Parkinson
Pour la première fois des chercheurs suisses et américains, dont l'équipe de la Division de recherche chirurgicale du CHUV que dirigeait le professeur Patrick Aebischer, a réussi à prévenir durablement le développement de la maladie de Parkinson chez des singes. A l'aide d'une thérapie génique, les chercheurs ont agi directement sur les neurones dopaminergiques dont la dégénérescence provoque la maladie. Ce traitement a empêché la dégradation de ces neurones sur une période d'au moins huit mois tout en favorisant leur rétablissement et le bourgeonnement de leurs terminaisons. Des singes diminués par la maladie ont même recouvré toutes leurs facultés motrices sans effets secondaires apparents. Les résultats de cette recherche ont été publiés dans la revue Science.

Le Centre de neurosciences psychiatriques inauguré à Cery
Le Centre de neurosciences psychiatriques, inauguré en novembre 2000, à Cery, est unique en Suisse. La création de ce nouveau centre de recherche, construit par les Hospices cantonaux, confirme que Lausanne est devenu un pôle de compétences internationalement reconnu dans le domaine des neurosciences. Les recherches en cours dans les laboratoires de Cery devraient contribuer à terme à la mise au point de nouveaux traitements de maladies très répandues: maladie d'Alzheimer, dépression, addictions, schizophrénie. Six contrats de recherche ont déjà été signés avec l'industrie - Novartis, Glaxo - pour un montant de près de 9 millions de francs. Ils ont permis de créer 19 postes de travail.

Le nouveau centre s'appuie sur un triple partenariat et un réseau de collaborations:

  • entre recherche fondamentale et recherche clinique, installées dans les laboratoires communs;
  • entre chercheurs et cliniciens de la psychiatrie, travaillant sur le même site;
  • entre recherche publique et secteur privé, afin de favoriser le développement de nouveaux médicaments et de nouvelles méthodes d'investigation clinique, et d'assurer une part importante du financement des divers projets.

Des laboratoires d'une surface totale de 695 m² ont été aménagés sur trois niveaux dans un bâtiment libéré par la diminution du nombre de lits consécutive à la baisse de la durée moyenne des hospitalisations à Cery. L'enveloppe financière prévue - 3,75 millions de francs - a été respectée.

Un nouveau pôle de recherche clinique: le Centre Botnar
Le Centre Botnar de recherche clinique, inauguré en juin 2000, est installé dans les locaux de l'Institut de biologie cellulaire et de morphologie. Le nouveau centre a pour but de promouvoir la recherche biomédicale dans le domaine clinique et de favoriser la relève académique dans les sciences médicales à Lausanne. Les travaux de plusieurs équipes de chercheurs soutenues par le Centre (Vincent Mooser, Urs Scherrer, Gérard Waeber) ont été à l'honneur en 2000.

Le centre porte le nom du généreux donateur - Octav Botnar - qui a permis sa création. Le laboratoire lui-même a été construit grâce à un subside accordé par les Hospices cantonaux et l'Université de Lausanne. Les recherches qui y sont menées sont également soutenues par le Fonds national ou par d'autres fondations.

Les résultats de l'enquête MONICA
L'étude MONICA menée dans 21 pays sous l'égide de l'OMS montre que les décès dus aux maladies cardiovasculaires ont diminué de 27% pour les hommes et de 21% pour les femmes entre 1985 et 1995. Cette enquête, à laquelle l'Institut universitaire de médecine sociale et préventive a participé pour la Suisse, cherchait surtout à mettre en évidence les causes de cette diminution des décès. Or la moitié de cette baisse doit être mise au bénéfice de l'amélioration des soins prodigués aux patients, en particulier à la rapidité des interventions et à l'efficacité des nouveaux traitements.

Sur les 21 pays étudiés, l'Espagne, l'Italie, la France et la Suisse se situent sous la barre des 300 cas de maladies cardiovasculaires pour 100'000 habitants. A l'opposé, avec plus de 500 cas, les pays de l'Europe de l'Est, la Finlande et la Grande-Bretagne.



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Dernière modification le 15.12.2003