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Rapport annuel 2006

Message de la direction

Tenir le cap malgré de fortes turbulences

Pour les Hospices-CHUV, 2006 a été marquée par deux événements majeurs: un fort afflux de patients qui a débouché sur un engorgement permanent en raison du manque de lits d’EMS dans la région lausannoise et le coup de tonnerre d’une affaire, celle des détournements financiers de l’ancien chef du Service de neurologie.

Faire face à l’afflux de patients
Pour faire face à un afflux exceptionnel de patients et à une situation d’engorgement permanente, toute une série de mesures urgentes ont été prises.

Parmi ces mesures d’urgence, le CHUV a créé un lieu d’accueil pour les patients en attente de placement. Son but est de libérer des lits de soins aigus et de préparer les pensionnaires concernés à un hébergement en EMS. Cette unité d’attente et de préparation au placement C a été conçue et réalisée en moins de trois mois sous l’égide du Département de médecine, pour être ouverte en janvier 2007, dans les locaux de l’Hôpital orthopédique.

Un effort en trois dimensions
Sans pouvoir être exhaustif, d’autres actions soulignent l’ampleur des efforts accomplis pour être à la hauteur d’un hôpital universitaire.

Dans le domaine des soins:

  • Le centre des urgences continue d’accueillir comme avant, presque sans bruit, plus de 30’000 patients par année, malgré le chantier de sa rénovation et de sa restructuration engagé depuis plusieurs années.
  • Les soins intensifs de chirurgie et de médecine ont fusionné en un seul service de médecine intensive adulte en janvier 2006.
  • La néonatologie a emménagé dans ses nouveaux locaux dans le cadre de l’extension et de la rénovation de la Maternité.

Dans le domaine de la formation et de l’enseignement:

  • Une nouvelle chaire de soins palliatifs a été créée à la Faculté de biologie et de médecine, en collaboration avec Genève et l’appui de la Fondation Leenaards.
  • Le nouveau master en soins verra le jour tout prochainement et viendra notamment couronner les efforts engagés dans ce sens par la Direction des soins dont le Service de formation continue a célébré avec éclat ses 25 ans.
  • Le Département de la formation et de la recherche, qui représente une nouvelle étape du  approchement des Hospices-CHUV et de la Faculté de biologie et de médecine, a été constitué pour entrer en fonction le 1er janvier 2007.

Dans le domaine de la recherche, un seul exemple suffira pour montrer l’importance et le rayonnement de ce qui est accompli, non seulement au CHUV et à la Faculté de biologie et de médecine, mais sur l’ensemble de la place lausannoise, dans le domaine de la santé. Je veux parler de l’attention substantielle portée par la Fondation Bill Gates aux équipes qui travaillent à la mise au point d’un vaccin contre le sida, sous l’égide du professeur Giuseppe Pantaleo. C’est exemplaire des collaborations établies dans de très nombreux domaines avec d’autres institutions régionales et internationales ainsi qu’avec les milieux économiques et privés pour mettre le plus rapidement possible de nouveaux traitements au lit du patient.

L’affaire des détournements financiers
A la fin de l’année 2006, le quotidien 24 heures a fait sa liste. La liste des dix Vaudois qui ont marqué l’année sous l’angle de la gloire ou des déboires. On ne s’en étonnera pas : l’affaire des détournements financiers de l’ancien chef du Service de neurologie du CHUV figurait en bonne place du côté des déboires. C’est effectivement l’évènement qui a secoué l’institution – le mot n’est pas trop fort – en 2006. Personne n’aurait imaginé qu’un seul d’entre nous, pourtant reconnu pour ses compétences professionnelles, pourrait nuire à ce point à l’image du CHUV au travers de malversations financières et venir perturber pendant des mois le travail d’un grand nombre de collaborateurs.

C’est cependant ce qui est arrivé et nous avons dû faire face à la situation, sans aucun plaisir, mais avec solidité et détermination.

Aujourd’hui que les audits qui ont suivi l’éclatement de cette affaire sont terminés, et que les mesures de redressement ont été prises, il y a au moins deux choses positives que l’on peut tirer de cette douloureuse expérience.

Tout d’abord, les audits ont démontré que l’immense majorité des collaboratrices et des collaborateurs de notre institution se comportent de manière irréprochable. Ensuite, ils ont mis en évidence que ce comportement irréprochable est en première ligne le résultat de leur propre code éthique, puisque les audits ont fait remonter à la surface des lacunes sérieuses dans nos procédures de contrôles financiers ainsi que dans l’actualisation et l’application des règlements et des directives du CHUV.

Une nouvelle gouvernance
Ces lacunes sont comblées ou sont en train de l’être. Mais si nous avons fait preuve parfois d’un certain flou dans nos directives et contrôles financiers, nous devons veiller à ne pas tomber dans l’excès inverse. Nous n’aurons réussi cette opération nécessaire de clarification des procédures et de leurs contrôles que si nous parvenons à trouver le point d’équilibre entre autonomie et surveillance, entre laisser-aller et bureaucratie.

Car dans le monde de plus en plus complexe et de plus en plus mobile qui est le nôtre, ce ne sont pas généralement les informations qui font défaut mais leur abondance qui pose problème. Disposer du temps et des instruments qui permettent de distinguer le bon grain dans un tombereau d’ivraie constitue un véritable défi. Car nous sommes parfois victime de ce qu’on appelle l’infobésité, l’info-obésité qui nous empêche d’être aussi alerte et performant que nous le souhaiterions.

C’est pourquoi au-delà de la révision des directives et de la mise au point de leur diffusion et de leur application, nous avons engagé une réflexion sur la gouvernance même de l’institution et, en particulier, sur l’organisation de la direction générale.

Pour l’avenir, nous avons à poursuivre notre développement. D’une manière globale:

  • en activant la construction des différents pôles prévus par le plan stratégique,
  • en continuant d’améliorer la prise en charge des patients, à l’instar du programme de soins de supports en oncologie et des réflexions sur la constitution de filières par organe ou par pathologie,
  • en modernisant en permanence nos équipements, du dossier patient informatisé à l’adaptation des bâtiments et des locaux, à laquelle l’Etat apporte chaque année une contribution qui se chiffre par dizaines de millions.

La relève en 2007
Nous devrons également assurer la relève. En 2007, plusieurs procédures de succession seront engagées, en particulier pour la direction médicale, la direction des finances et la direction générale. En songeant que les responsables de demain devront sans doute inscrire leur action dans un nouveau cadre, celui d’une future Ecole de médecine.

Avec le recul, nous avons donc de nombreuses raisons de croire en l’avenir. C’est fort de cette certitude, que j’exprime mes remerciements à toutes les collaboratrices et tous les collaborateurs de l’institution, pour le magnifique engagement dont ils témoignent, pour le travail, l’effort, le combat toujours recommencé contre les difficultés et pour l’amélioration du service aux patients et à leurs proches.

Bernard Decrauzat,
Directeur général

Rapport annuel 2006 (en format pdf)



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Dernière modification le 20.08.2008